Dans tout service de radiothérapie la présence de physicien est légalement indispensable. Le Centre Catalan d’Oncologie a un département de physique composé de trois personnes. Marie-Agnes Combes, Corinne Vignolo, Isabelle Plagnol et Vincent Plagnol sont les 4 radiophysiciens du service. Ils ont tous les trois la même formation de DEA en physique radiologique et médicale et ont ensuite effectué un doctorat de physique avant d’exercer leur profession.
Avant la mise en service des machines de traitement, les physiciens effectuent des mesures qui établissent une cartographie complète de chaque machine. Cette cartographie propre à chacune des machines va la suivre pendant toute sa durée de vie. De ces données dépendent directement tous les calculs de doses effectués pour tous les traitements.
Les physiciens effectuent ensuite, des contrôles internes quotidiens (tous les matins avant les traitements), hebdomadaires, mensuels, semestriels et annuels qui sont consignés dans des registres, sorte de carnet de bord des machines. Ils permettent de suivre l’évolution de chacune d’entre elles et de s’assurer de la constance des paramètres géométriques et physiques, de l’absence de dérive. Le type et la périodicité de chaque contrôle sont dictés par la loi (décision du 2 Mars-2004, renforcée par la décision du 27 juillet 2007).
Les physiciens disposent d’instruments de mesures adaptés aux rayons délivrés: chambres d’ionisation, électromètres, « boites à tops », explorateur de fantôme 3D, logiciel d’acquisition des mesures, profiler ….etc
Ces mesures de référence, dont la stabilité est contrôlée tous les jours pour tous les types de rayons, sont effectués suivant les dernières recommandations internationales de l’IAEA (http://www.iaea.org/) et de la société française de physique médicale (http://www.sfpm.asso.fr/) dont les physiciens sont membres.
Le traitement de chaque patient est totalement personnalisé. De sa morphologie, de la géométrie et de la localisation de ce que nous voulons traiter, dépendra directement la balistique dosimétrique et donc les calculs de doses. L’exactitude de ces calculs, donc l’exactitude du temps d’exposition pour chacun des champs composant un traitement, est directement lié à la « cartographie » initiale de la machine et à sa modélisation dans les algorithmes de calculs. Cela fait également partie du travail du physicien de s’assurer de cette bonne corrélation.
Le département de physique compte dans ses membres deux dosimétristes (cf partie dosimétrie). Ils effectuent la quasi-totalité des plans de traitement des patients. Les physiciens participent également de façon active à l’élaboration de certaines dosimétries.
Avant de passer à l’étape du traitement effectif, tous les calculs de dose sont systématiquement vérifiés et calculés par une méthode différente et indépendante de la première. Aucun dossier ne parvient en traitement sans la signature du physicien.
Ce double calcul, en place depuis l’installation des trois machines dans le Centre Catalan d’Oncologie, est une des mesures que souhaite prendre le ministère de la santé pour les mois qui viennent et le rendre obligatoire pour tous les services de radiothérapie français.
La dosimétrie in vivo, réalisée en routine en France dans de rares centres de radiothérapie, est l’ultime barrière permettant de déceler des anomalies graves pouvant conduire à des surdosages ou à des sous-dosages importants. Cette technique consiste à mesurer directement sur le patient la dose qui lui est réellement délivrée. Ce dernier niveau de défense en profondeur intervient après tous les contrôles de qualité réglementaires (décision AFSSAPS du 27 juillet 2007), le double calcul indépendant du temps de traitement et enfin la relecture systématique de tous les dossiers. Il est à noter que les organisations internationales et nationales telles que l’AIEA, la CIPR, l’ESTRO, l’AAPM, l’EFOMP et la SFPM recommandent la mise en œuvre de cette dosimétrie.
Les physiciens du CCO on choisi une dosimétrie in vivo par mesure en temps réel de la dose. Cette technique est mise en œuvre avec des détecteurs semi-conducteurs, ou diodes, placés sur la peau des patients (photo ci-contre) et dont la mesure, affichée au niveau du pupitre de commande de l’accélérateur, est comparée à la dose prescrite par le radiothérapeute.
Malgré aucune obligation légales, les physiciens du CCO ont mis en œuvre les mesures in vivo de façon systématique dans le service depuis le début de l’année 2007. Les mesures sont réalisées lors d’une des premières séances de traitement pour tous les faisceaux d’irradiation. Elles sont effectuées par les manipulateurs. Les dossiers reviennent en physique après chaque mesure et sont validés par un des physiciens. Après la moindre modification dans le traitement, des mesures sont de nouveau effectuées.
Lors de le mise en route, il faut faire un certains nombre de mesures pour chacune des diodes. Ensuite chaque détecteur doit être étalonnée régulièrement. Les physiciens s’assurent ainsi de l’absence de dérive qui conduirait à des résultats erronés. Les couleurs correspondent à des énergies de traitement différentes.
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